PANNE D'AIR EN PLONGÉE : COMMENT RÉAGIR ?
Vous profitez tranquillement de votre plongée, le décor est captivant, votre respiration est fluide quand soudain, vous tirez sur l’embout. Plus d’inspiration possible, c’est la panne d’air ! Comment réagir… C'est un sujet majeur que nous avons tous étudié lors de nos formations, des contenus théoriques aux actions à mettre en oeuvre, pour éviter au maximum la panne d’air mais aussi, pour réussir à l'appréhender sereinement lorsqu’elle se présente.
Voici quelques rappels et règles de sécurité en prévention mais aussi en cas de panne d'air...
COMMENT SE DÉCLENCHE-T-ELLE ?
Le plus souvent, elle résulte d’une mauvaise gestion de notre consommation d'air sous l’eau. Nous verrons, plus loin dans cet article, les comportements à adopter pour maîtriser au maximum cet incident. Elle peut également survenir suite à une défaillance du matériel que l’on peut prévenir au maximum, mais jamais vraiment garantir. D’autres facteurs à ne pas négliger peuvent également induire une consommation plus élevée : des conditions de plongée difficiles avec du courant et/ou une mauvaise visibilité, le froid, la fatigue, le stress, l’agitation sous l’eau, le sur-lestage… Rappelez-vous que que cet incident peut en entraîner d’autres en chaîne et mener à des situations dangereuses comme un barotraumatisme, une noyade ou un accident de décompression…

ENTRETENEZ VOTRE MATÉRIEL
En effet, sans lui, impossible de plonger ! Aussi, nous vous recommandons de le faire réviser chaque année : packs détendeurs, gilet stabilisateur, bouteille (TIV et/ou réépreuve), ordinateur… Ne minimisez pas ces entretiens, votre sécurité en dépend. Pensez également à un rinçage et un stockage minutieux après chaque plongée. Autant de précautions nécessaires et indispensables pour un émerveillement serein “underwater” !
Toutes les prestations sont disponibles via l’atelier de votre magasin Decathlon.
PLANIFIEZ VOTRE PLONGÉE
Commencez par choisir un bloc d’une contenance suffisante en fonction de votre consommation. D’une personne à l’autre, les besoins varient, c’est physiologique. Il est donc fréquent de voir des femmes utiliser un 12 L quand les hommes choisiront un 15 L. Vous le savez, la profondeur influe directement sur votre consommation, soyez donc attentif au profil de votre plongée et effectuez un briefing précis avec votre palanquée : planification de votre parcours, communication régulière de votre niveau d’air, évolution de votre saturation, passage en réserve… N’oubliez pas également de faire un contrôle du matériel de chaque plongeur avant la mise à l'eau pour repérer les emplacements des équipements : manomètre, octopus, etc...
LA MISE À L'EAU
En surface, des consignes de sécurité sont données pour anticiper et réagir face à une panne d’air. La plupart du temps, on vous demandera de remonter avec 50 bars, zone d’air sécuritaire. Ecoutez attentivement la marche à suivre en cas de problème. Selon les clubs et les conditions météo, un bloc de sécu sous pression sera immergé sous le bateau. Parfois, il faudra utiliser une procédure spécifique à chaque club pour le demander : un parachute agité, deux parachutes dans une main… Cela vous permettra d’effectuer vos paliers, si vous en avez, en toute sécurité et éviter encore une fois le sur-accident. Si vous plongez du bord, il faudra être d’autant plus attentif à votre air et celui de votre binôme car il n’y aura pas d’air disponible en surface pour vous assister.
Avant l’immersion, assurez-vous d’avoir correctement ouvert votre bouteille. Cela parait évident mais de nombreux accidents arrivent à cause d’un bloc mal ouvert. Avant la mise à l’eau, vous pouvez mettre votre détendeur en bouche et effectuer plusieurs inspirations tout en regardant que l’aiguille de votre manomètre ne bouge pas, c’est un bon indicateur d’une bouteille bien ouverte. Enfin, le rôle du binôme est bel et bien de vous faire un rappel en surface de toutes les vérifications à effectuer avant de s’immerger.

DÉROULEMENT DE LA PLONGÉE
Soyez toujours attentif à votre binôme, restez proches pour pouvoir intervenir rapidement en cas de panne, et inversement. Votre octopus, source d’air vital en cas de panne nette, doit être visible et accessible. Evitez de l’entortiller dans votre stab, il doit permettre une mise en bouche rapide et efficace. Votre manomètre doit également être visible. Pour ceux qui utilisent une sonde, contrôlez aussi votre manomètre pour être certains que les deux équipements soient bien en phase et indiquent un volume d’air identique. Enfin, on ne se lasse pas de le répéter, communiquez régulièrement l’avancée de votre consommation et soyez vigilants aux facteurs qui vont l’accentuer comme le courant ou le froid...
VOUS ÊTES EN PANNE D'AIR !
Malgré toutes vos précautions, vous venez de respirer la dernière bouffée d’air de votre bouteille, c’est la panne ! Il peut arriver qu’un problème technique se présente, nous ne sommes pas à l’abri. Aussi, la théorie nous a enseigné la marche à suivre, mais la réaction en pratique n’est pas la même pour tous. Restez calme est surement la base.
Comment réagir ? Faire signe à son binôme tout en se dirigeant vers lui. Il vous assistera en vous présentant son octopus. Une fois rassuré(e) face à cette nouvelle entrée d’air, effectuez un contrôle des manomètres et de l’avancée des saturations respectives. Faites demi-tour, il faut remonter. Vous connaissez la procédure, si vous avez des paliers à faire, demandez ou dirigez vous vers le bloc de “sécu-surface”. Si vous n’êtes pas entrée dans la zone de déco, c’est le retour en surface, à vitesse contrôlée bien évidemment. Sur le bateau, il faudra ensuite comprendre pourquoi ce problème est survenu et faire en sorte qu’il ne se présente plus sur vos prochaines plongées.

DERNIER CONSEIL
Vous l’aurez compris, nous avons les moyens et les connaissances pour anticiper et réagir face à la panne d’air. Ne surfez pas sur la ligne rouge de votre manomètre et ne lésinez pas sur l’entretien de votre matériel, plongez tranquille ! Il ne faudra pas s'attarder sur “un poisson de dernière minute”, vous aurez l’occasion de revenir sur site et peut-être de le recroiser (tout est possible :-).
En résumé, la plongée est un sport à risque, ne l’oublions pas, mais cela doit surtout être un moment merveilleux... Une bouffée d’air pur dans notre quotidien !
ARTICLE CO-ÉCRIT AVEC

Je suis vendeuse au Decathlon Village de Bouc-Bel-Air sur le rayon "plongée". J'ai commencé à plonger il y a 5 ans et ce sport m'a tout de suite passionné ! J'ai donc décidé de passer mes niveaux rapidement. Je suis actuellement niveau 3 FFESSM et également Nitrox confirmé.









